Voyager avec quelqu’un que l’on connaît à peine

Partie seule en Australie et comme il s’agissait de mon premier grand voyage aussi loin de ma famille et de mes amis, une fois arrivée sur place j’ai fait marcher mon réseau de connaissances afin de trouver des gens qui pourraient m’aider à prendre mes marques.

C’est par le biais de ma collègue de bureau et amie que j’ai connu Marine. C’était une amie à elle que j’avais eu l’occasion de croiser 3/4 fois sur Paris, mais sans jamais vraiment bien la connaître.

Marine était arrivée en Australie 5 mois plus tôt et avait déjà pas mal baroudé dans le pays. Moi je débarquais tout juste à Sydney au mois de mai, et le temps était un peu pourri (début de l’hiver là bas), en plus n’étant pas une fille de la ville, j’avais des fourmis dans les jambes, je rêvais d’aventure !

Après avoir échangé nos numéros de portables australiens via facebook, je crois que notre premier coup de fil a bien dû durer au moins 1h… Plus elle me parlait de ses aventures, plus j’étais à fond dedans, et plus mon enthousiasme de nouvelle arrivante lui redonnait envie de vadrouiller ! C’est donc dès le début que nous avons été complémentaires : elle avait besoin de retrouver la flamme et j’avais besoin de conseils sur le pays.

Une semaine après ce coup de fil, je prenais un vol direction le nord du pays pour la rejoindre, le lendemain on achetait notre van, et dans les jours qui ont suivi on partait en road trip à la découverte de l’outback australien !

C’était le début d’une des plus belles aventures de ma vie…

En ça Marine y a été pour beaucoup. A la base ça aurait pu paraître risqué de partir avec une fille que je connaissais à peine. Mais le fait de s’appeler longuement a permis de comparer nos attentes et nos envies, de jauger un peu le tempérament et le caractère de chacune, et surtout de voir si le feeling y était.

Bon feeling, mêmes envies, cela semblait être la partenaire de voyage idéale… Et ce fût encore mieux que ça ! On a vécu 24h/24h ensemble pendant 3 semaines dans un van, et on s’est entendues à merveille. Pas une seule embrouille, même pas une chose qui nous ait énervée chez l’autre ! S’il y a eu une part de chance d’avoir trouvé le compagnon de voyage qui me correspondait parfaitement, ce n’est pas non plus chose rare. Tout au long de notre périple nous avons rencontré pas mal de beaux duos de voyage, et je ne parle pas de couples, mais de gens qui se sont rencontrés en route, qui ont fait un bout de chemin ensemble, et qui sont devenus amis au point d’agir parfois comme un vrai petit couple !

Après réflexion, je pense que la personne que l’on ne connait pas trop est la meilleure personne avec qui vous pouvez voyager. Pourquoi ? Parce que vous ne connaissez pas ses défauts, et qu’elle va essayer de les cacher au maximum. Alors que votre meilleure amie, vous la connaissez tellement, que vous savez pourquoi vous l’aimez, mais vous savez aussi ce qui vous énerve chez elle, et comme en voyage les émotions ont tendance à être multipliées par 1000, vous aurez vite fait de vous sentir excédée par des détails anodins. Donc pour moi, la bonne copine, c’est assez délicat, à moins d’avoir un caractère très facile (voir le billet « voyager entre copines » ).

En Australie, c’est quelque chose de très commun, on met une annonce sur le leboncoin local (gumtree) pour proposer un trajet ou rechercher des compagnons de voyage, et hop c’est parti pour 3, 4, 6000 km de covoiturage.

Conseils avant de partir : Indispensable : au minimum s’appeler, ou se skyper si vous avez une connexion internet, mais le mieux c’est encore de se rencontrer. Il existe même des événements comme les Apér’Oz (pour l’Australie) qui organisent des rencontres entre anciens voyageurs et futurs partants, afin de poser des questions, d’échanger des idées, et aussi c’est arrivé, de rencontrer des futurs compagnons de voyage… (pour en savoir plus rdv sur la page facebook des Apér’Oz)

Se rencontrer pour parler de quoi ? Des envies de chacun (faire la fête toutes les nuits ou arpenter tous les parcs nationaux de la région), sa façon de voyager (plutôt hyperactif ou plutôt relax), son rythme, ses manies, son caractère… Bien décrire sa personnalité, n’ayez pas peur de vous confier, plus vous en direz, plus on vous en dira en retour, et mieux vous arriverez à cerner la personnalité de l’autre. C’est forcément plus aisé avec des gens faciles à vivre, donc sachez détecter les chieurs !

Le + : rencontrer une nouvelle personne, apprendre à la connaître, et si ça se passe bien, en faire un nouvel ami.

Le – : la part d’incertitude quant à l’entente avec la personne, mais je dirais que c’est plutôt rare.

Personnes que je connaissais à peine et avec qui j’ai fait un road trip :

  • Marine : outback puis côte ouest de l’Australie. A la fin, on s’achetait les mêmes fringues souvenir, on disait les mêmes mots en même temps, on avait plus besoin de parler pour que l’autre nous comprenne… Je suis repartie en Irlande avec elle 2 ans après. Nous sommes toujours très bonnes amies et nous voyons régulièrement.

 

  • Claire et Julie : 2 françaises rencontrées en couchsurfing une semaine avant notre départ pour la côte sud de l’Australie. On leur a proposé de faire le road trip avec nous. 3 mois après, je suis repartie avec Claire faire la Tasmanie : très bonne expérience.
  • Bettina et Chantel : une allemande et une canadienne avec qui j’ai passé 2 mois en couchsurfing sur Perth, et que j’ai revu pendant 4 mois sur Melbourne. Nous avons décidé de partir en road trip ensemble car nous nous entendions très bien, pourtant ça n’était pas gagné car c’était des vraies filles de la ville, mais comme elles étaient très ouvertes d’esprit et faciles à vivre, ça l’a fait parfaitement. Je suis restée très proche de Betty que j’arrive à voir régulièrement depuis son retour en Allemagne.
  • Serena : une italienne, recrutée via une annonce postée sur le site gumtree suite au départ de Chantel qui a préféré rejoindre son amoureux. Ca s’est très bien passé sur le moment, même si nous n’avons pas gardé le contact par manque d’affinités.

 

Conclusion : Jusqu’à présent toutes les expériences de road trip que j’ai eu avec des personnes que je connaissais très peu ont été un succès, jusqu’à même se transformer en amitié durable pour certaines. Alors n’hésitez pas une seconde à vous lancer !

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11 commentaires

  1. Je suis un peu partagée. J’ai également eu la chance d’avoir de magnifiques partenaires de roadtrip pendant mon voyage en Australie, mais le meilleur côtoie parfois aussi le pire….j’ai également fait quelques parties de mon voyage avec des personnes tellement aux antipodes de moi que cela m’a gâché ces moments de séjour….je pense de mon côté qu’il est nécessaire de bien se connaître, à moins d’avoir de la chance comme toi, et quand on se connait bien et qu’on s’aime, on passe plus facilement outre les petits défauts de ses amis et on est plus enclins à désamorcer les conflits quand on sait comment l’autre fonctionne. Après, quand on fait de belles rencontres sur place et qu’on se sent sur la même longueur d’ondes, cela donne souvent de superbes expériences, même si on ne sait jamais ce que cela peut donner. Ainsi, si vous êtes tentés par l’aventure, qui est également l’intérêt en soi du roadtrip, je serais plus d’avis de rencontrer la personne au moins plusieurs fois avant le départ, car l’aventure, c’est génial, mais l’aventure implique aussi des galères et c’est vital de pouvoir compter les uns sur les autres dans ces moments là quand on est à l’autre bout du monde.

    • Ah c’est très intéressant, aurais tu des exemples de comportements qui auraient gâché tes road trips ? Comme tu dis j’ai eu beaucoup de chance avec mes partenaires de voyage, et je n’ai pas trop expérimenté de galères, donc cela m’intéresse de savoir ce qu’il peut se passer, quand tout ne roule pas comme sur des roulettes…

      Après je suis d’accord qu’il y a différentes façon de réagir, par exemple en ce qui me concerne je vais avoir plus d’attentes envers mes copines qui sont censées me connaître, et savoir ce qui m’énerve, qu’envers quelqu’un qui ne me connaît pas et qui ne pouvait pas le savoir… J’ai déjà perdu une amitié en voyage, c’est pour ça que je suis plus méfiante maintenant !

      D’ailleurs autre question, tu as fait ton voyage vers la vingtaine, et moi vers la trentaine, est ce que tu ne penses pas que la maturité peut aussi aider à reconnaître plus facilement les gens qui te correspondent et qui sont sur la même longueur d’onde que toi ? Penses tu que tu aurais choisi de partir avec les mêmes personnes aujourd’hui ?

  2. Un exemple qui me vient à l’esprit sans réfléchir est qu’un de mes compagnons de van n’avait pas du tout le même rythme de vie que nous. Il se couchait très tôt et se levait très tard. Et, alors qu’il se levait 2h après nous, il piquait des colères parce qu’on ne l’attendait pas pour petit-déjeuner. On ne faisait pas cela par manque de respect mais simplement car, de notre côté, le petit-déjeuner se prend au réveil et n’est pas un moment aussi convivial que peuvent l’être le déjeuner ou le dîner…surtout quand on dort dans un van sur un parking ou au milieu de la forêt ! Question d’éducation j’imagine. Et, cela nous ralentissait par ailleurs dans notre programme de perdre la matinée à attendre qu’il se réveille et se prépare. Comme quoi, le rythme de chacun est également un élément à prendre en compte lorsque l’on cherche un partenaire de voyage.
    Concernant ta question sur l’âge, je ne pense pas que cela aurait changé quelque chose à cela si j’avais fait mon voyage dix ans plus tard. J’ai toujours été mature et très indépendante, c’est justement ce qui m’a permis de pouvoir m’expatrier à l’autre bout du monde pendant presqu’un an à seulement 21 ans. Selon moi, le feeling (ou non) se ressent à n’importe quel âge et n’est pas lié à la maturité, mais il ne permet pas la connaissance pointue d’une personne au point de savoir s’il est important pour lui qu’on l’attende le matin pour petit-déjeuner…il faudrait avoir déjà vécu avec pour le savoir, peu importe l’âge.
    En revanche, il était pas mal plus vieux que nous, environ 10 ans d’écart, d’où peut-être le soucis de voyager avec des personnes de tranches d’âges différentes ? Ca mériterait un petit billet sur ton site ça tiens…^^

    • C’est vrai que tu soulèves là un point très intéressant ! Tu as raison, le rythme de sommeil est super important et il est très différent selon les individus. D’ailleurs avec Marine, nous avions justement un rythme assez différent, elle pouvait dormir jusqu’à 10h par nuit et moi pas plus de 7h. Mais ce qui était bien avec elle, c’est qu’on a naturellement fait un compromis, quand je me réveillais, j’attendais 1h pendant laquelle j’allais sur facebook ou je triais mes photos avant de me lever, sans faire de bruit pour la laisser dormir, et elle de son côté raccourcissait un peu ses nuits… Mais cela revient encore une fois à dire que c’est l’adaptabilité des gens avec qui l’on voyage qui est primordiale en fait.. Dans ton cas le type était vraiment gravos ! Quelle horreur !

      Un billet sur les différentes tranches d’âge ? Oui pourquoi pas, bonne idée ! Mais pour ça il va d’abord falloir que j’en fasse l’expérience…

  3. Superbe article ! 🙂
    Effectivement, plusieurs variables ont une importance, le rythme joue et va de paire avec la vision du voyage que l’on a (généralement si tout le monde est d’accord pour se lever tôt et faire une activité, tout le monde est sensé faire un effort).
    L’age aussi, ‘avais 28 ans lors de mon premier et les seul « problèmes » furent avec des très jeunes, un peu egoistes et ne sachant pas ce qu’est le mot « Compromis ».
    Enfin, vous allez peut être vous marrer, mais mes compagnons de voyage et moi sur la côte est, on a vécu un calvaire en débutant un roadtrip avec…des végétariennes casse-burettes et hystériques !
    2 consécutivement ! Difficulté de faire une moneybox, elles ne voulaient pas VOIR de la viande donc repas en commun difficile, râlaient qu’on fasse des bacbucs…enfin vous voyez le genre…donc je rajouterai quand même le régime alimentaire haha
    Mine de rien, ça à son importance, quand tout le monde partage tout y compris la bouffe dans un groupe et qu’une personne n’est pas dans cet état d’esprit, des tensions et un sentiment d’exclusion peuvent naître et gâcher une partie du roadtrip.

    • Nan mais là je suis sidérée de lire qu’il y a tant de gens aussi peu respectueux ! En plus quand tu as des convictions bien particulières, tu les signales avant de t’embarquer, non ? Comment peut-on être aussi à côté de la plaque ? J’avoue qu’entre le mec qui impose à tout le monde son rythme de sommeil et les nanas qui font un scandale parce que les autres ne sont pas vegos, je me rends compte que j’ai vraiment voyagé avec des gens super cool !

      En tout cas c’est intéressant que vous souleviez tous les 2 le problème de la grande différence d’âge, je n’y aurais pas forcément pensé, même si j’aurais tendance à préférer les gens de mon âge pour le partage de centres d’intérêts…

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