Timerzif/Zagora/Marrakech – Etape marathon

Jour 8 et 9 – Jeudi 24 et Vendredi 25 février

Jour 1/2 : La première difficulté s’est présentée après quelques km sur les pistes avec un premier bac à sable bouchonné !  Comme nous savions que nous ne devions pas trainer car la route était longue, et que l’attente pour passer était importante, encore une fois nous avons observé les petits malins qui trouvaient  toujours le moyen d’esquiver les difficultés, et avons décidé de les suivre pour ne pas perdre de temps. Quentin et moi sommes passés les premiers pour tester le parcours. A fond les manettes on a réussi à traverser sans s’ensabler une seule fois, mais de justesse, car un seul ralentissement et c’était l’embourbement assuré ! Finalement toute l’équipe passera également sans problème, et nous avons donc ensuite pu poursuivre notre chemin…

Par contre, cet épisode restera dans la mémoire d’un de nos coéquipier… Comme vous avez pu le constater, le mot d’ordre du 4L Trophy est la solidarité, envers les enfants, mais aussi entre « 4L Trophistes ». C’est donc tout naturellement que dans ce bac à sable nos « gars » ont donné un coup de main aux autres équipes ensablées. Sauf que malheureusement en poussant une voiture, notre ami a reçu dans le tibia une plaque de désensablement métallique qui a été projetée par une roue qui patinait! Et il a été plutôt sérieusement amoché… Une bonne partie de chair avait été arrachée (désolée pour les âmes sensibles!). Heureusement, comme nous avions tous nos trousses de secours recommandées par l’organisation, on aura pu désinfecter la plaie et lui faire un bandage pour le protéger de la poussière. Sauf que le pauvre souffrait pas mal, alors quand nous avons croisé le 4×4 des médecins plus loin sur les pistes nous avons décidé de nous arrêter. Il aura finalement été recousu, (en plein désert au milieu de la poussière), et condamné à prendre antibiotiques et antidouleurs jusqu’à la fin du séjour… Mais aujourd’hui tout va bien, il a pu garder l’usage de sa jambe, mais il gardera un petit souvenir à vie de son aventure au Maroc!!!

Avec tous ces événements, plus quelques petits incidents mécaniques mineurs dans l’équipe, nous avons perdu pas mal de temps et alors que nous étions censé faire les ¾ du parcours avant la tombée de la nuit, pour pouvoir arriver dans les temps à Marrakech, nous n’avons parcourus qu’1/3 du chemin… A la tombée de la nuit nous arrivions dans un nouvel oued ensablé, et nous voulions le passer avant de bivouaquer, pour ne pas perdre de temps le lendemain au réveil à désensabler tout le monde. Cela n’a pas été facile car la nuit été tombée, et tout le monde cherchait à passer la dune en question… Il y avait des 4L dans tous les sens et des gens un peu partout, d’autres 4L qui tentaient le passage en force, bref, tout ceci était un peu dangereux car on risquait de renverser les personnes que l’on ne voyait pas… Finalement toute l’équipe a fini par se frayer un chemin et nous avons pu enfin planter les tentes, au milieu de nulle part… Mais nous n’étions pas seuls, pas mal de compatriotes s’étaient arrêtés au même endroit… Un petit feu, un petit verre de vin, une bonne tartiflette en conserve bien dégueu, et on était partis pour passer une très agréable soirée au milieu du désert…

Ah oui et j’oubliais, depuis le début de l’aventure, il faut savoir que dans le désert, exit les lumières parasites de la ville, les nuages de pollution etc. donc autant vous dire que tous les soirs nous avions le droit à un magnifique ciel étoilé, comme on a plus trop d’occasion d’en voir dans nos contrées citadines… Je vous laisse donc imaginer le décor au milieu duquel on se couche tous les soirs… On avait l’impression d’être au planétarium, sauf que c’était en vrai !

Point mécanique du jour : Aujourd’hui, alors que c’était à nouveau moi qui avait le volant… tout d’un coup, plus de jus du tout, et la voiture qui s’arrête… Impossible de repartir, mais bizarrement, plus rien ne fonctionnait, on aurait dit qu’il n’y avait plus de batterie, alors qu’on roulait depuis des heures… Quentin a donc ouvert le capot, et s’est aperçu qu’avec les secousses la batterie était sortie de son emplacement, et que les cosses avaient touché le capot et provoqué un court-circuit, et du coup elles avaient fondues! Quentin a donc réussi à bricoler une réparation avec du scotch et nous avons pu repartir!!! Et là on dit, bravo Mac Gyver!!!

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On remarquera au km 200,500 du roadbook : « L’enfer des cailloux commence!!! »

Jour 2/2 : La douche approche !!! Départ vers 6h30, au lever du jour. Encore une fois le spectacle du lever du soleil dans le désert nous laisse sans voix…

Dernière fois que nous remballons les tentes, que nous replions les duvets, que nous rentrons toutes les affaires éparpillées la veille… Autant au début on essayait tant bien que mal d’avoir a peu près une organisation dans la voiture, autant à la fin de la semaine plus personne ne s’en préoccupe, on bourre tout dans la 4L, le but étant uniquement que tout rentre…

Nous partons à la hâte car pressés d’arriver à l’hôtel et nous savons qu’il nous reste de la route.

S’ensuivront une cinquantaine de km de cailloux… Et ce n’est pas une plaisanterie, les pistes étaient recouvertes de cailloux, donc impossible d’avancer à plus de 40km/h de moyenne, en craignant à chaque seconde la crevaison ! Pour preuve, l’indication dans le road book était « l’enfer des cailloux » … Et c’est vrai que c’était l’enfer : le bruit, les secousses, la vitesse réduite, la chaleur, la faim (car nous n’avions plus rien à manger pour le petit déjeuner, alors nous sommes repartis le ventre vide !).

 

Alors nous profitons de la crevaison d’un de nos équipages pour faire le tour des voitures pour essayer de trouver quelques barres de céréales ou autres gâteaux qui resteraient ! Le problème avec Quentin et moi, c’est que nous sommes tous les deux des grands fans de grignotage, et alors que j’avais prévu dans nos vivres la bonne ration de grignotage qui était censée nous tenir la semaine, tout est parti en 2 jours, et nous n’étions même pas encore arrivés au Maroc ! barres de céréales, saucisson, gâteaux sucrés et apéro, chips, pommes, jus de fruits… il ne nous restait plus rien ou presque après le trajet Cherbourg-Algeciras !!! Seulement des boîtes de conserves et des pâtes… pas terrible pour manger sur le pouce ! Heureusement toute l’équipe n’était pas comme nous, et les prévoyants (ou les non gourmands) nous sauveront la mise avec quelques petits gâteaux, qui font du bien au moral !

Un peu plus loin, nous profiterons d’un nouvel arrêt du même équipage qui cette fois avait décroché sa plaque de protection arrière qui trainait au sol, pour faire la pause déjeuner ! Cette fois ci nous avons sorti notre dernière boîte de conserve : une délicieuse blanquette de veau infâme. Ca ne cale pas des masses, mais tout le monde a fait ses fonds de sacs de nourriture, et il ne reste pas Byzance ! Mais déterminés à rejoindre l’hôtel, la douche, un bon lit, nous repartons avec le moral toujours au beau fixe…

Après avoir finalement quitté les dernières pistes du raid, nous n’étions toujours pas au bout de nos peines… En effet, 6h de route nous attendaient pour rejoindre Marrakech, avec surtout en chemin, l’ascension du col du Trishka à plus de 2000 mètres d’altitude s’il vous plaît ! Quentin en a un peu profité pour repasser en mode SL dans les virages de montagne, et nous nous sommes bien amusés, à nous imaginer en pilotes de rallye, cherchant à améliorer notre temps au tour ! Nous avons quand même réussi à semer les 4L qui nous suivaient avec un moteur plus puissant ! Nous étions assez fiers de nous !!!

Autant vous dire que c’est exténué que nous sommes arrivés à destination. Mais aussi tellement affamés d’avoir si peu mangé de la journée… Après la déception d’apprendre que nous n’étions pas dans le même hôtel que nos copains, nous sommes tombés par hasard, à quelques pas de l’hôtel… sur un Mac Do !!! Nous ne pouvions pas laisser passer cette occasion de faire honneur à notre sponsor ! Nous nous sommes donc consolés avec un Big Tasty et un 280 sauce fromagère ! Et en plus c’était moins cher qu’en France, et Quentin vous dira qu’il y avait des sandwiches et des formules qu’il n’y avait pas en France… Il aurait bien passé le week-end à toutes les tester, mais nous l’avons un peu forcé à suivre le mouvement et manger local… Un bon couscous… patates-carottes !!! Enfin bref, ceci est une autre histoire…

Mais une fois arrivés à l’hôtel, le repas étant compris dans le forfait et comme Quentin avait encore faim de son jeun de la journée, il s’est également bien rempli le ventre avec le buffet de l’hôtel. Quand à moi, je ne voulais pas gâcher un repas qui avait été payé (!!) j’ai donc décidé de goûter un petit morceau de tout ce qui avait l’air bon, ainsi que les desserts qui étaient délicieux… Et je me suis régalée ! Et pour une fois pas de carottes ni de patates au menu…

C’est donc le ventre plein et archi plein que nous sommes enfin montés dans notre chambre pour accéder à la récompense ultime… La douche ! Quentin en a tellement profité qu’il a réussi à s’endormir dessous !!! Une fois rassasiés et propres, nous avons fondu sur nos lits respectifs et nous sommes endormis comme des masses…

Point mécanique du jour : Aujourd’hui j’ai carrément failli casser la voiture en 2 ! A un moment, nous roulions sur des pistes très poussiéreuses, mais très lisses, c’est à dire sans cailloux, tout le monde en a donc profité pour accélérer… Sauf que nous n’avion absolument aucune visibilité à plus de 2 mètres devant nous à cause du nuage de poussière dégagé par les voitures devant… Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva, je me suis retrouvée nez à nez avec… un énorme fossé !!! Lancé à près de 70km, il était trop tard pour freiner… Je ne vous raconte pas le choc et le bruit que ça a fait !!! Une fois encore je me suis dit que la voiture était en morceaux!!! Et bien non, elle a continué sa route, comme si de rien n’était… Coup de chance! Mais en discutant un peu plus tard avec mes collègues, nous nous sommes rendus comptes que nous étions tous tombés dans le même piège… Et que les 4L, c’est vraiment du solide !!!

222 km de pistes + 357 km pour rejoindre Marrakech par le col du Tishka :

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Jour 10 – Samedi 26 février – Journée de détente à Marrakech et soirée de clôture

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